Né en 1957 dans le petit village de Shamakha, à 100
km de Bakou, il est l’interprète le plus célèbre du
Mugham, répertoire savant de la musique
traditionnelle d’Azerbaïdjan. En novembre 1999, il
s’est vu décerner le très prestigieux « IMC – Unesco
International Music – Prize » qui a récompensé avant
lui des artistes de la stature de Yehudi Menuhin,
Leonard Berstein, Dimitri Chostakovich ou Nusrat
Fateh Ali Khan.
Pourtant rien ne prédestinait Alim, paysan issu
d’une famille pauvre, à devenir une des figures de
proue de la musique azérie, si ce n’est son immense
talent. Dès son jeune âge, il bricolait des
instruments de fortune. La rencontre avec le Mugham
ne s’est faite que tardivement, vers la fin de
l’adolescence. En 1978, il intègre le Musiki Mektebi,
une école de Mugham de Bakou. Au début, le jeune
paysan est décontenancé par la complexité du genre
enseigné, ainsi que par la belle allure et
l’érudition des autres élèves (tous conformes au
modèle soviétique en vigueur). Pourtant son talent
l’impose et, à 20 ans, Alim est proclamé « meilleur
chanteur de sa génération » en gagnant un concours
de chant. Mais c’est avec l’ouverture de l’URSS dans
les années 80 et la Perestorotka que Alim Qasimov
sera reconnu sur la scène internationale, avec
d’abord, une tournée aux Etats-Unis en 1984. Et,
lorsqu’en 1998 on lui demandera de participer à un
disque hommage à Nusrat Fateh Ali Khan, sa
prestation sera l’une des plus remarquées.
Le génie d’Alim réside dans l’art de la performance,
de l’énonciation de l’œuvre (texte et musique) et/ou
de son élaboration en temps réel, offerte à un
public qui, par son attente, sa réponse et ses
réactions participe à son élaboration.
Aujourd’hui, Alim Qasimov, est le maître incontesté
d’un style musical ancien et oublié, auquel il a su
rendre ses lettres de noblesse.
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