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Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM)
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Le Centre des
Musiques Arabes et Méditerranéennes (CMAM),
est une institution placée sous la tutelle
du Ministère de la Culture et de la
Sauvegarde du patrimoine. Sa création
remonte au 20 décembre 1991, son statut a
été promulgué en octobre 1994. Trois années
plus tard, le Centre obtenait le Prix
Honoris Causa décerné par le Conseil
International de la Musique (UNESCO).
Conçu comme un espace muséal et d’animation
voué à la conservation et à la valorisation
du patrimoine musical, avec une double
dimension arabe et méditerranéenne, le CMAM
fonctionne tel un centre culturel à part
entière dont les programmes se développent
autour de quatre axes complémentaires :
conservation et diffusion du patrimoine
musical, activités muséographiques
(instruments anciens, partitions,…), études
& recherches, programmation artistique et
animation. Depuis ses débuts, le CMAM œuvre
à favoriser l'interdisciplinarité au sein du
secteur musical, à croiser l’activité de ses
différents départements et à élaborer des
programmes de travail « intégrés ». Le
centre abrite aussi un atelier de lutherie
destiné à la restauration de sa collection
d’instruments de musique et à des recherches
en organologie.
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Pièce maîtresse abritée par le CMAM : la Phonothèque
Nationale. Chargée de façon active du recueil du
patrimoine musical tunisien en vue de sa diffusion
et de sa connaissance par les chercheurs, la
Phonothèque Nationale alimente son fonds par des
enregistrements effectués lors de campagnes de «
collecte » sur le terrain ou à l’occasion des
festivals internationaux en Tunisie, par des
enregistrements commerciaux déposés dans le cadre du
dépôt légal des œuvres phonographiques, également
par des documents sonores transférés de fonds
externes -détenus par des institutions tunisiennes
ou étrangères (un accord en ce sens a ainsi été
conclu avec la Bibliothèque Nationale de France).
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Le Baron Rodolphe d'Erlanger,
protecteur de la tradition musicale
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Le Centre des
Musiques Arabes et Méditerranéennes a élu
domicile dans le Palais Ennejma Ezzahra à
Sidi Bou Saïd (17km au nord de Tunis),
construit entre 1912 et 1922 par le Baron
Rodolphe d’Erlanger, qui en a lui-même conçu
les plans et la décoration intérieure par
les meilleurs artisans de l'époque.
Mélomane, musicologue, mécène, collectionneur, grand
passionné de l’Orient et de la civilisation
islamique, peintre d'inspiration orientaliste…
Rodolphe François d’Erlanger est né à
Boulogne-sur-Seine (France) le 7 juin 1872. Son
père, d’origine allemande naturalisé Britannique,
s’était installé à Paris en 1858 et avait fondé la
Banque "Erlanger". |
Contrairement à ses frères qui
intègrent l'établissement familial, Rodolphe
manifeste très tôt une inclination pour la peinture,
reçoit une formation artistique à l’Académie Julian
à Paris et commence une carrière de peintre
oscillant entre les thèmes orientalistes et le
paysage.
En 1897, il épouse à Londres la fille d’un
aristocrate italien de Pérouse et d’une américaine
du Connecticut, dont il aura un fils unique en 1898.
En 1909, Rodolphe achète un terrain à Sidi Bou Saïd
et emmène sa famille vivre en Tunisie. L’année 1911
sera marquée par le démarrage des travaux du Palais
Ennejma Ezzahra.
Les vingt années qui suivront seront pour lui celles
d’une intense activité artistique et intellectuelle.
Tout en continuant à peindre et à exposer, il dirige
les travaux de composition de son œuvre monumentale,
«La Musique Arabe», qui sera éditée en six tomes à
Paris (chez Geuthner). Devenu une figure majeure du
patrimoine musical tunisien et arabe, il participe
activement pendant plus de trois ans à la
préparation du 1er Congrès International de Musique
Arabe tenu au Caire en avril 1932 à l’instigation du
Roi Foued Ier d’Egypte. Nommé par celui-ci
vice-président technique du congrès, il sera empêché
de s’y rendre à cause de sa santé déclinante.
Le 29 octobre 1932, Rodolphe s’éteint à Sidi Bou
Saïd à l’âge de 60 ans. Selon son désir, il est
inhumé dans le jardin du Palais, sous la voûte d’un
petit mausolée rappelant les tourbas locales.
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